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urbab rai nasser kettane (boss de beur fm) donne son avis

 
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railebol
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MessagePosté le: Ven 10 Avr - 15:50 (2009)    Sujet du message: urbab rai nasser kettane (boss de beur fm) donne son avis Répondre en citant

Nasser Kettane : « Il y a plusieurs façons d’être français… »
Vendredi 10/04/2009 | Posté par Nordine Nabili
Urban Raï est l’événement musical du week-end. Organisé par Beur FM, ce concert marque aussi le retour de Khaled dans une grande salle parisienne

Beur FM s’est installée depuis le début des années 80 comme étant le carrefour incontournable des questions urbaines et du débat contemporain sur la diversité. Cette radio qui dispose de 17 fréquences en France touche un large public, particulièrement dans les quartiers populaires. Son audience au Maghreb, notamment en Algérie, est incontestable. Au-delà du débat politique et sociale, Beur FM est aussi le tremplin pour les nouveaux talents de la scène musicale française. Ce samedi, la radio organise Urban Raï, son concert annuel au Zénith de Paris. Rencontre avec Nasser Kettane, le président directeur général. 
Beur FM organise des concerts depuis une vingtaine d’années, que peut-on dire aujourd’hui sur l'état de la scène musicale française ?

Il faut comprendre que Beur FM a toujours été le tremplin, le support, l’endroit où les artistes connus ou inconnus, jeunes talents, débutants ou professionnels, ont trouvé un espace pour s’exprimer. Nous avons toujours été derrière les artistes sans qu’ils puissent débourser le moindre centime. C’est la moindre des choses. Tout naturellement, il y a une vrai histoire d’amour entre Beur FM et les chanteurs quelque soit leur génération et quelque soit leur type de répertoire.

C’est le cas de Khaled par exemple ?

Khaled a toujours été là, nous l’avons toujours soutenu même lorsqu’il s’est éloigné un peu de la communauté. Il est très vite revenu parce qu’il a senti quand même que c’était là ces fondamentaux. Idem pour Cheb Mami, c’est quelqu’un que Beur FM a quasiment fabriqué, avec la ramification dans tous les concerts qui pouvaient avoir lieu dans les villes. Idir nous a aidés au début de notre aventure radiophonique, mais nous lui avons bien renvoyé l’ascenseur. Nous sommes en phase avec l’ensemble de ce monde artistique. Et régulièrement, depuis une vingtaine d’année, on a toujours fait des concerts pour mettre en scène justement cette pluralité, cette réalité artistique issue des banlieues, issue des communautés de France. Ensuite, il y a eu cette idée de sortir des compilations, de sortir des disques, de faire de la promotion. Dans les années 80, Khaled et Mami pouvaient passer sur NRJ ou même des fois sur TF1 ou France Télévisions. C’est très vite retombé, alors que des sons chaâbi, raï, kabyle, marocain, musique orientale, appartiennent au patrimoine français.

Comment expliquez-vous le retrait de TF1 et de France Télévisions ?

Parce que c’était conjoncturel, c’était monté par des machines industrielles, cela obéissait à des stratégies sur le plan politique et donc qui se prolongeaient à l’intérieur des médias comme TF1, France télévisions ou autre.

C’est un phénomène de mode ou de marketing ?

Un phénomène de mode qui n’avait pas pour vocation à être enraciné. Pour nous, c’est l’inverse. L’idée, c’est d’installer ces sons comme est installé par exemple en France la musique d’origine latine, que ça devienne un son français. Et c’est vrai que ce n’était pas évident. Le challenge est d’enraciner ces musiques dans l’environnement, le champ culturel et musical français. D’autant plus que dans les victoires de la musique, dans l’exportation culturelle à l’étranger, aux Etats-Unis où ailleurs, le raï, le rap ou le r’n’b français, sont des produits qui marchent bien et qui génèrent des royalties. Pour nous, l’idée c’est de continuer à faire monter un peu la mayonnaise, entretenir cette ébullition

Comment expliquez-vous que ces artistes ne soient pas prophètes dans leur pays ?

Ils marchent très bien à l’étranger, parce que le public là-bas reçoit le son et le rythme. Il reçoit le tempo de la musique plus que la parole. Le public se comporte comme nous ici par rapport à la musique folk américaine, le rock, on reçoit des sonorités. On ne comprend pas souvent l’américain ou l’anglais mais nous sommes portés par l’émotion musicale indépendamment des paroles. C’est un peu la même chose pour ces artistes qui sont à l’étranger. Quand ils sont en France, ils représentent un territoire qui est souvent la banlieue. Du coup, on ne leur fait pas de cadeau. Et j’en veux pour preuve ce qui s’est passé il y a quelques années au niveau des victoires de la musique où ils ont déclassé le r’n’b et le rap. Le jury, les patrons des victoires en avaient marre que le genre de banlieue soit toujours premier. Les Centrales, les Rimka, etc. etc... et j’en passe et des meilleurs. Donc, ils ont fait une classification à part. Maintenant, il y a un prix rap, r’n’b. Mais qui est séparé dans les victoires et donc, ils ont rétabli un peu l’ordre institutionnel qui prévalait avant. Si on suit le cours du temps, ces artistes vont rafler tous les prix. Donc il existe un ostracisme, y compris dans l’élite intellectuelle qui dit aimer la diversité, aimer la banlieue.

C'est-à-dire ?

Il y un marché français qui refuse cette production. Il faut imposer une tradition coûte que coûte, et c’est pour cela que beaucoup d’artistes sont marginalisés malgré un réel soutien du public.

Peut-on faire une comparaison avec le monde politique ?

Oui, sur le plan politique, c’est la même chose. Les partis politiques n’ont pas du tout envie d’être bousculés dans leurs fonctionnements. Aujourd’hui, lorsqu’un parti met des gens de la diversité, c’est plus souvent pour faire de la diversion, c’est du ressort du divertissement. La diversité, c’est quelque chose qui a été inventé par eux, pour eux, pour leurs objectifs. Le système a créé des mots comme : intégration, insertion, droit à la différence, droit à la ressemblance, inter-culturalité, diversité... tout ça, c’est bon pour le politique, le sociologue et le journaliste.

Il existe un malentendu aujourd’hui sur cette question...

Nous avons été invisibles, très longtemps. Nos parents devaient repartir, tôt ou tard. Ils sont restés, donc ils ont fait des enfants. Longtemps, on a refusé de les voir. On a refusé de voir leurs enfants. Aujourd’hui, ça déborde, ça remplit les rues des Champs Elysées, la Courneuve, la Cannebière, à Lille et ailleurs. Il a bien fallu, avoir des grilles de lecture, de cette nouvelle génération. Et c’est là où on a trouvé tous ces mots. Donc, aujourd’hui, on prend un feutre, on prend un crayon de couleur et on met un peu de couleur sur quelques écrans de télévisions. On coloris quelques cabinets ministériels. Mais, l’intégration de ces nouvelles générations françaises issues de communautés dans le cadre d’une immigration de peuplement pose problème à la société française.

Existe-t-il un problème de légitimité pour cette nouvelle génération ?

Elle porte en elle des négritudes différentes, du point de vue de la reconnaissance par rapport au colonialisme, dans la diabolisation de son identité musulmane, dans la marginalisation, dans la discrimination, du point de vue de l’accès au logement, au crédit bancaire, à l’emploi ou à la fonction publique. Lorsque cette génération veut participer au débat public, lorsqu’elle souhaite être dans des places évidemment à partir d’une compétence qu’elle revendique, elle rencontre des résistances réelles. Du coup, cela génère un cortège de revendications, de souhaits qui ne sont pas toujours, en phase ou en harmonie, avec la tradition française. D’où le choc. Et ce choc, pour l’instant, il est frontal, et comme nous ne sommes pas du tout organisés, et bien il se fait à notre détriment, notre défaveur. On nomme quelques personnes mais la diversité structurelle de ce que nous représentons n’est pas inscrite dans la réalité de ce pays.

Cela veut-il dire que la France a perdu beaucoup de temps sur ces questions ?

Non, mais ce qu’il faut dire, ce qu’il faut vraiment diffuser un maximum, c’est qu’il n’y a pas la France d’un côté et nous de l’autre. Nous sommes la France. La France a changé. Il y a plusieurs façon d’être français, il y a plusieurs façon de défendre la France, il y a plusieurs traditions françaises à changer. Nous intégrons une tradition française, nous intégrons un type de fonctionnement de la société française. Nous sommes pour une France qui a été alimentée et irriguée d’un certains nombre de choses nouvelles. Et cette France, c’est celle que nous aimons, c’est celle que nous défendons, c’est celle que nous voulons faire avancer. Mais cette France, elle n’est pas comprise par les tenants de certaines traditions, de certains modes de fonctionnements ou de mentalités, et on voudrait nous faire croire ce ces gens là sont les tenants de la France éternelle et véritable. C’est à nous d’imprimer à la France une nouvelle marche, un nouveau dynamisme pour permettre un développement dans le cadre de la mondialisation qui se passe aujourd’hui. Un nouveau modèle français est en gestation. C’est une nouvelle France qui s’installe, une France qui devient une région d’Europe, et bien tout ça, ça change.

Qui pourrait porter ce type de projet politique aujourd’hui ?

Il y a différentes stratégies. Des stratégies inspirées par des gens comme Gandhi, Malcom X, Martin Luther King. Ou alors des démarches de l’intérieur, comme par exemple, Barack Obama qui est issu du parti démocrate. Nous n’avons pas de gens, aujourd’hui, dans un parti politique français qui pourraient en même temps faire la synthèse du fonctionnement traditionnel de la société française, mais en même temps valoriser l’apport récent de ce que nous représentons. Malheureusement, ce n’est pas encore le cas. Et aujourd’hui, que ça soit au PS, comme à l’UMP, au MODEM ou ailleurs, des gens issus de la diversité vivent un comportement pavlovien. Ils répètent ce que leur maitre ou le patron du parti demande. Qu’ils soient des ministres, qu’ils soient des élus politiques, ils répètent, ils reproduisent les préoccupations de leurs partis. Je ne les blâme pas. Parce ce que c’est normal. Mais en l’occurrence, ils sont prêts à gommer, ils sont prêts à effacer tout ce qui faisait, tout ce qui a fait appel à eux, pour justement enrichir ce parti ou cette vie politique. Et donc, on se retrouve dans une sorte de schizophrénie. Et ils deviennent un pion parmi les pions. Et automatiquement la machine a fait son travail et les choses n’ont pas avancés.

Samedi soir, pour Urban Raï, on oublie la politique et on fait la fête ?

C’est une grande fête, c’est très sympa, il y a des jeunes, c’est très mélangé, filles, garçons, des parents, des enfants. Pour nous, c’est l’occasion de rencontrer notre public et de faire la fête. Normalement, ce concert devrait accoucher d’un projet pour l’année prochaine : monter des Awards. Ce sera à la fois des Awards d’Urban Raï, parce que maintenant la marque est installée. Cela va permettre à des nouveaux talents d’émerger. Nous allons lancer un Urban Raï itinérant à Paris, Lyon, Marseille, Tunis, Alger, Casablanca. Nous préparons une comédie musicale. Qui serait à l’image de « America America ». Imprimer une marque générationnelle avec une comédie musicale, qui pourrait se jouer à Paris. Au printemps 2012, juste avant l’élection présidentielle. On a deux ans et demi pour la faire. Ces artistes sont des ambassadeurs culturelles, c’est eux qui offre le rêve, l’émotion et la reconnaissance aux jeunes.

Propos recueillis par Nordine Nabili

Urban Raï, ce samedi au Zénith  http://20minutes.bondyblog.fr/news/200904101503/nasser-kettane-il-y-a-plusi…
_________________
QUESQU ON FERAIS PAS POUR KHALED ???????TOUT TOUT TOUT TOUT
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MessagePosté le: Ven 10 Avr - 15:50 (2009)    Sujet du message: Publicité

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